Alice a besoin de nombreux appareillages très encombrants mais qui lui permettent d'évoluer. Plus qu'un coup de gueule, c'est un cri du c½ur. Celui d'une maman qui voudrait enfin avoir un logement adapté au handicap d'Alice, sa fille de cinq ans.
LA vie n'a pas été tendre avec Alice. Depuis sa naissance, cette petite fille de cinq ans souffre d'une diplégie des membres inférieurs : impossible pour elle de plier les jambes et par conséquent, de marcher. Mais depuis quelques mois, elle fait beaucoup de progrès et apprend à se servir d'un déambulateur qui lui permet d'esquisser quelques pas. Bientôt, elle pourra s'en servir à la maison.
Enfin, sur le papier car en pratique, c'est impossible. L'appartement occupé par la famille, au quartier Champagne, est déjà bien trop exigu pour accueillir tous les appareillages dont Alice a besoin chaque jour. « Je devrais être heureuse mais quand je me rends compte que je vais stopper net l'évolution de ma fille parce qu'il n'y a pas de place chez nous, j'ai envie de pleurer », avoue Karine Platat.
Certaines scènes de la vie courante sont un vrai parcours du combattant, comme lorsqu'Alice prend son bain. « Elle a un siège adapté qu'on met dans la baignoire mais la pièce est si petite que je n'ai pas la place suffisante ». Et que dire de ce verticalisateur ? Une coque, montée sur roulettes, qui permet à la petite fille de rester debout et dans laquelle elle doit s'installer au moins une heure par jour pour habituer son corps à cette position pourtant inconfortable pour elle.
« Il n'y a pas assez de place dans le salon pour qu'elle reste devant la télévision. On lui a donc installé une table et un tableau afin qu'elle puisse dessiner. Pendant une heure, elle reste dans le couloir, il n'y a pas d'autre endroit possible. Je me mets dans la cuisine, je laisse la porte ouverte et je lui parle... ».
Dans quelques mois, Alice aura un fauteuil roulant « mais ça non plus, elle ne pourra pas s'en servir ».
Espoir
La situation était intenable jusqu'à ce que des amis informent la famille qu'ils venaient d'acheter un logement et allaient donc bientôt quitter leur maison de la cité des Cheminots. « C'est exactement ce qu'il nous fallait, il y avait de la place et les pièces étaient bien agencées. On s'y voyait déjà. Je comptais de toute façon faire une demande pour un nouveau logement mais quand j'ai su que celui-là se libérait, je me suis dépêchée », se souvient Karine Patat qui est sûre d'être la seule sur les rangs : « Nos amis n'avaient pas encore donné leur préavis. Avec leur accord, c'est moi qui ai prévenu l'Opal qu'ils allaient bientôt partir. Je leur ai exposé la situation et je pensais qu'ils avaient compris que je n'avais pas juste envie d'avoir cette maison mais qu'on en avait besoin, qu'Alice en avait besoin ».
Désillusion
Mais vendredi, coup de fil des amis en question : quelqu'un est en train de visiter la maison. « Mardi à la première heure, je suis allée à l'Opal : une autre famille a obtenu la location. C'est injuste. On m'a simplement dit que la commission attribuait les logements à qui elle voulait mais nous pendant ce temps-là, on habite dans un placard à balais avec une petite fille handicapée qui va devoir arrêter d'évoluer parce qu'on n'a pas de place ».
Lucie LEFEBVRE
Haut de page Article paru le : 29 janvier 2010
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